Lazaretto – Jack White : espiègle et chevronné

Jack WhiteJack White reprend Jay-Z, Jack White rejoint Beck sur scène, le label de Jack White lance une maison d’édition, Jack White reprend Jimi Hendrix, Jack White fait la gueule au Chicago Cubs Game. Bref ! Jack White est partout.
Et si après les White Stripes, les Dead Weathers, son album solo Blunderbuss, et ces cinglantes paroles sur l’industrie musicale et sur les Black Keys, vous vous demandez encore pourquoi il fascine tant, la réponse est peut-être sur son dernier album.

Le Peuple Du Rock Webzine

Le 10 juin, après une longue campagne de com’ on ne peut plus travailler, et des mois d’attente, Jack White, a.k.a le maître du rock moderne sortait son dernier album, Lazaretto. Depuis une semaine, les critiques sont presque unanimes : Lazaretto est un excellent album, il repousse les limites de la création et force le NME à poser la question sur sa Une de la semaine dernière « Jack White : Genius or Madman ? » (Génie ou Fou ?). Question légitime quand on voit à quel point le musicien se donne du mal pour, à la fois innover et faire parler de lui : idée du vinyle Ultra, avec des morceaux surprises cachés, record du single le plus rapide du monde (enregistré, pressé, distribué en 3h21!),  déclarations arrogantes sur Meg White et The Black Keys, clip visuellement très réussi pour le hit Lazaretto… Mais pour ce qui est de la musique…

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TOP 4 des classic rock de plus de 3 min.

Interdit au moins de 3 minutes !

La musique, comme au théâtre, a longtemps dû suivre une éthique à respecter sous peine de blâme. Et dans cette éthique, la règle sur le temps était comprise. Ainsi, il était bien vu de faire un Opéra de quatre heures au XIXème, alors qu’Elvis Presley, à ses débuts, ne dépassait pas les deux minutes réglementaires (et financièrement plus rentables…) Aujourd’hui, la norme veut que les chansons de pop traditionnelles se situent entre trois et quatre minutes (je mets de côté la musique électro qui s’étend sur des heures). Le rock a donc connu une mode de titres extrêmement longs. Certains artistes en ont fait leur marque de fabrique, comme Deep Purple, et d’autres ont voulu s’y essayer par pure expérimentation. Cette tendance de morceaux qui pouvaient atteindre les dizaines de minutes est issue de l’expansion et l’universalisation du rock progressif. Le rock progressif est un style de rock orchestré, inspiré d’une multitude de genre mais principalement de musique classique, parfois présent dans un univers psychédélique. L’album A Night At The Opera de Queen ou encore The Wall de Pink Floyd sont de bons exemples de rock progressif. Ce style est particulièrement détesté par les rockeurs “natures” ou de la “vieille école”. Le mouvement punk a d’ailleurs rejeté en bloc toute forme de rock progressif pour revenir a un rock simple, dur et brute, sans superflu. Quoiqu’il en soit, tous les morceaux longs ne sont pas de pures créations progressives et des groupes sont parvenus à écrire de petites perles que je nommerais “classic rock” dépassant largement les cinq minutes.

1- November Rain – Guns’N’Roses 8’57

Le clip de November Rain est sorti 1 an après l’album Use Your Illusion I a connu un franc succès.

November Rain figure sur le deuxième album studio des Guns’N’Roses, Use Your Illusion I, sorti en 1991. D’une durée approximative de 9 minutes, les Guns nous offrent une ballade sentimentale (presque niaise) teintée de deux solos de guitare de Slash d’une virtuosité impressionnante. Clairement et volontairement orchestré, ce morceau peut rappeler sous bien des aspects les choeurs de Queen dans Bohemian Rapsody, et l’instrumentation excessive pourrait nous faire oublier que l’on a affaire aux impulsifs Guns’N’Roses. Souvent critiqué par les experts comme une oeuvre mégalomaniaque fondée par un ego sur-dimensionné, il est très bien reçu par le public. De plus, le clip qui l’accompagne fut des plus demandés sur MTV. November Rain marque nettement une rupture avec les “old” Guns’N’Roses : on les entend moins violents, plus réfléchis sur la composition. C’est dans le même esprit qu’a été écrit Estranged d’une dizaine de minutes, présent sur l’album Use Your Illusion II.

Le son par ici : Guns N’ Roses – November Rain

2- Shine On Your Crazy Diamonds (part I-V) – Pink Floyd 13’31

Wish You Were Here est le neuvième album studio des Pink Floyd, sorti en 1975.

Attention, chef d’oeuvre intergalactique ! Extrait de l’album Wish You Were Here parut en 1975, Shine on… est un concentré de psychédélisme pur et planant, dans lequel flottent les accords hypnotiques de Gilmour. D’une beauté remarquable, la mélodie semble simple et timide mais elle est en réalité extrêmement recherchée. On se laisse volontiers bercer par les langoureux et flegmatiques solos de guitare, sur un fond de clavier reposant. Enfin, le saxophone sur la fin, accentue un effet jazzy/groovy à tomber par terre. A écouter au casque pour maximiser les effets sur le cerveau.

Le morceau entier là : Pink Floyd – Shine On Your Crazy Diamonds (part I-V)

3- Lazy – Deep Purple 7’25

Deep Purple en concert au Japon en 1972, pour le Machine Head Tour. Ils en ont fait un album live intitulé “Made In Japan”.

Faire du blues supercosmique quelque part dans l’Univers, c’est un peu l’image qu’on a quand on écoute Lazy de Deep Purple. Figurant sur l’album Machine Head sorti en 1972, ce titre est à la fois spatiale et psychédélique mais renvoie clairement aux sources du rock’n’roll du fin fond de l’Ouest américain. Jon Lord, incroyable au clavier, égale sans difficulté le solo de guitare affriolant de Ritchie Blackemore. On distingue un riff entêtant qui donne un rythme tout au long du morceau, décomposait lui, en plusieurs mouvements. Remarquable et efficace, tout le talent des Deep Purple est là : la virtuosité des musiciens, la voix incroyable de Ian Gallin, la diversité des instruments… Sept minutes, c’en est presque pas assez !

Lien de la chanson ici : Deep Purple – Lazy

4- Stairway To Heaven – Led Zeppelin 8:01

L’excellent album Led Zep IV, paru en 1971, fait parti de la Discothèque rock idéale de Philippe Manoeuvre.

C’est dans la lignée “Bilbo le Hobbit”, et autres fantasmes Tolkien, que Led Zeppelin a écrit Stairway To Heaven, long de huit minutes et décomposé en trois mouvements. Proche de la ballade, limite berceuse, la voix calme de Robert Plant est accompagnée par une guitare acoustique et Ô surprise ! par une flûte traversière. Le délire flûte de Pan et arbre vivant est à son comble. Mais dans ce morceau où tout est question de crescendo, Jimmy Page nous offre un retentissant solo, devenu un incontournable de son répertoire, et irradie totalement l’esprit de base du titre. Bien qu’il ne soit pas le meilleur morceau des Led Zeppelin et relève sans doute plus de l’expérience psychédélique des années 70, Stairway To Heaven reste un bien joli morceau, d’une écriture complexe et d’une géniale créativité.

L’escalier vers le paradis c’est ici : Led Zeppelin – Staiway to Heaven

Parce qu’on aime :

  • L’époustouflante version live de Lazy des Deep Purple au Japon en 1972 ici !
  • Le morceau Estranged des Guns’N’Roses, long de presque 10 minutes, par !
  • Il existe une version complète de 25 minutes de Shine On Your Crazy Diamond, le lien ici.