IS TROPICAL + PAN AURORA: premier concert de la saison.

>> IS TROPICAL + PAN AURORA: premier concert de la saison.

La cave aux poètes, c’est un endroit un peu hors du temps, qui offre des concerts incroyables et intimistes de groupes fort peu connus mais toujours talentueux. En octobre, ce sont les excellents IS TROPICAL, qui se produisait à la cave, pour un moment qui devait s’annoncer génial, mais qui aurait déçu “Lutra Lutra”, personnage un peu barré, auteur du blog que voici. Avec une écriture drôle, et jamais ennuyeuse, on se fiche pas mal en fin de compte, si Is Tropical a été décevant, pourvu que la lecture nous plaise : IS TROPICAL + PAN AURORA: premier concert de la saison.

Gush : le coup de foudre

Il y a 3 ans, mon paternel me fait lire un article dans Rock & Folk sur un groupe français, je cite, de “pop kaléidoscopique”. Intriguée, j’écoute d’abord Let’s Burn Again. Déjà charmée, j’enchaîne avec I Just. Là, c’est le coup de foudre. Un rock un peu dur, alterné avec un refrain funk et groovy, je suis conquise. Le mix est osé et réussi. D’ailleurs j’aime tellement Gush, qu’après les douzaines d’écoutes de leur album, j’envoie un message empli d’amour et d’admiration via Facebook à un des membres du groupe, Yan. Et puis j’attends. Deux ans plus tard, je reçois à ma grande et agréable surprise, une réponse du dit Yan, pleine en remerciements et en attention (“merci pour ton message fabuleux et encourageant“) et même un mot d’excuses pour le “retard”. Non vraiment, avec Gush, l’idylle est absolument parfaite. Portrait.

De g. à dr. Yan Gorodetzky, Matthieu Parnaud, Vincent et Xavier Polycarpe.

Gush, groupe pop-rock français, originaire des Yvelines, est un doux mélange de psychédélisme et de rock seventies. Véritable entreprise familiale, ce sont deux frères Xavier et Vincent, accompagnés des cousins Matthieu et Yan qui créent le groupe en 2004. Leur premier et très bon album “Everybody’s God” est un dégradé de brit pop “flower power” (notamment avec Let’s Burn Again) et d’expérimentations rock électronique. Par exemple, You Really Got Style débute sur un ton froid et carré avant de se transformer en morceaux funky pop, dans un style années 70 remarquable. Sons à la fois neufs et rétros, Gush reprend les codes du rock progressif (par exemple avec P-nis) : on retrouve des harmonies vocales, agréables et techniquement correctes (Jealousy ou Let’s Burn Again). Dans une interview disponible dans la version numérique de leur album, ils déclarent être influencés par les Beatles (flagrant avec le morceau Remedy, qui rappelle sensiblement la période “Ravi Shankar” de Harrison), les Beach Boys, et par de différents univers musicaux (du reggae à la soul en passant par le blues). La petite particularité de Gush, c’est sa formation. En effet, excepté Vincent, batteur attitré du groupe, aucun d’entre eux n’a de poste fixe à un unique instrument. Ainsi, il arrive que Matthieu et Yan s’échangent la basse et la guitare, pendant que Xavier pianote au clavier en attendant son tour pour la guitare. Tous sont compositeurs et chanteurs, et c’est le grand atout du groupe, qui casse un peu le code classique des formations traditionnelle rock (basse, guitare, batterie et parfois clavier.) De même qu’en concert, le batteur n’est pas exclu dans le fond de la scène, comme on  le voit souvent, car tous les quatres se positionnent à même hauteur, offrant au publique une plus grande complicité entre eux.

Vincent Polycarpe a été le batteur de l’album “Jamais Seul” de Johnny Hallyday.

Scéniquement, Gush a fait ses preuves : le groupe a assuré les premières parties de -M- en 2009, et a sillonné la France à travers festivals et concerts. Talentueux, jeunes et sympathiques, les membres de Gush sont proches de leur public, leur concerts se faisant dans les petites salles obligent ! Leur prochain album ne devrait pas tarder à paraître (peut-être d’ici 2014 ou 2015 ?) et on l’espère aussi bien, voire mieux, que le précédent. En attendant, on écoute Everybody’s God, parce que ça fait du bien, un groupe comme Gush au XXIème siècle. Ça rassure, même. ▪

Parce qu’on aime :
• “I Just”, un de leur premier morceaux en studio, disponible sur Youtube.
• L’interview en promotion de l’album “Everybody’s God”, ici.
• Leur site internet avec dates de concerts, écoutes gratuites… juste .
• Les incontournables page Facebook et Twitter pour suivre toute l’actu du groupe.

Shaka Ponk : la consécration.

Shaka Ponk en concert, en 2012 (de g. à dr. CC, Steve, Frah, Samaha, Ion, Mandris)

Shaka Ponk en concert, en 2012 (de g. à dr. CC, Steve, Frah, Samaha, Ion, Mandris)

Les Shaka Ponk. Un nom de groupe peu commun, pour une musique peu commune. En 2003, en Allemagne, alors que les boys band ont remplacés la post-punk, et que le rap connaît un essor impressionnant, François et Cédric, deux amis d’origine française décident de créer un groupe de musique mêlant tous les genres. A l’image de Gorilllaz, groupe fictif et virtuel du chanteur de Blur, ils créent une mascotte, Mr Goz, en image de synthèse qui deviendra à la fois leur emblème et leur drapeau. Leur slogan : We R Shk Pnk, You R Little Monkeyz. Plus que de faire de la musique, les Shaka Ponk ont réussi à créer une sorte “d’armée” de fans.  De leur premier contrat avec des labels allemands, à leur premier album Loco Con Da Frenchy Talking sorti en France en 2006, ils ont beaucoup avancé. Mais c’est avec le titre My Name is Stain extrait de leur dernier album en date The Geeks and the Jerkin’ Sock dans les bacs depuis 2010 que Shaka Ponk gagnent le succès. C’est même la consécration : une victoire de la musique en 2010, première partie des Guns’N’Roses en juin 2012, un concert est prévu en Janvier 2013 à Bercy, et ils partagent la une du numéro de Rock’N’Folk de Décembre 2012 avec Skip The Use.

Une de Rock&Folk de décembre 2012, avec Skip The Use (de g. à dr. Frah, Samaha, chanteur des Skip)

Une de Rock&Folk de décembre 2012, avec Skip The Use (de g. à dr. Frah, Samaha, chanteur des Skip)

Mais cela n’a pas été toujours rose pour eux. En ne revendiquant aucun style en particulier, ils ont eu d’abord beaucoup de mal à percer auprès du public, et trop de maisons de disques les ont refusé, jugeant leur musique trop audacieuse. Rock punchy, électro alternatif, ou encore rock expérimental, les adjectifs sont nombreux pour qualifier un genre qui n’existe pas. En 2012, à Arras lors du Main Square Festival, Frah (surnom de François, chanteur) résume en quelque mots, leur “traversée du désert” dans le monde de la musique devant un par terre de spectateurs en délire : “10 ans de galère, ça valait vraiment le coup !” S’ensuivent des applaudissements à ne plus finir, des cris et des mains levées. Car, une des grandes forces des Shaka Ponk, est leur performance scénique à couper le souffle. Après 10 ans d’existence et d’albums qui mériteraient d’être plus connus, ils ont su avec The Geeks and the Jerkin’ Socks,  toucher un public plus large tout en gardant leurs fidèles Little Monkeys, les fans de la première heure. C’est peut être l’un des rares groupes qui est parvenu à continuer de faire ce qu’ils aiment, sans basculer à la manière de Maroon 5, dans la production massive de hits et de singles, qui se ressemblent tous plus les uns que les autres. Chapeau bas aux Shaka Ponk qu’il me tarde de revoir très vite sur scène pour un concert des plus endiablés et énergiques qui soit.