IS TROPICAL + PAN AURORA: premier concert de la saison.

>> IS TROPICAL + PAN AURORA: premier concert de la saison.

La cave aux poètes, c’est un endroit un peu hors du temps, qui offre des concerts incroyables et intimistes de groupes fort peu connus mais toujours talentueux. En octobre, ce sont les excellents IS TROPICAL, qui se produisait à la cave, pour un moment qui devait s’annoncer génial, mais qui aurait déçu “Lutra Lutra”, personnage un peu barré, auteur du blog que voici. Avec une écriture drôle, et jamais ennuyeuse, on se fiche pas mal en fin de compte, si Is Tropical a été décevant, pourvu que la lecture nous plaise : IS TROPICAL + PAN AURORA: premier concert de la saison.

Le rock va s’en sortir docteur ?

Ces dernières semaines, nous avons enterré deux artistes rock reconnus dans le monde de la musique : Ray Manzarek et Trevor Blender. Le premier était le très célèbre co-fondateur et claviériste des Doors ; le second, le bassiste de Spider from Mars et accompagnateur de David Bowie sur scène. En mars dernier, c’était Alvin Lee héros de Woodstock qui nous quittait, ainsi que Richie Havens, fan éternel de Bob Dylan… Daniel Darc aussi s’éteignait dans son appartement quelque part dans le onzième arrondissement de Paris, en février 2013.

Toutes ces disparations de plus en plus récurrentes ont commencé à m’inquiéter. A qui le tour demain ? Mick Jagger ? Nick Cave ? Chaque fois qu’un grand artiste s’éteint, c’est comme si je revivais le jour où mes parents m’ont avoué que le Père Noël n’existait pas. Jon Lord en 2012 et Michael Jackson en 2009, ont été les premiers à me rappeler que non, les génies de la musique ne sont pas immortels. Et pourtant, comme on le voudrait ! Des Rolling Stones éternellement jeunes, des Guns & Roses sans l’orgueilleux et médiocre Axl Rose d’aujourd’hui, Led Zeppelin toujours actif avec John Bonham plus en forme que jamais… Utopique, idéal. Mais la vérité (triste comme souvent) est toute autre : nos stars du rock vieillissent, deviennent sages, ne se droguent plus (ou le font moins), chantent la Vie en Rose, posent pour Vuitton, vendent leurs places de concert entre 200 et 500 € pour des performances moyennes. Mais non. Je ne ressasserai pas le passé, je ne prêcherai pas la parole du « Avant c’était mieux » selon St Papy verset 12. Certes, le rock n’est plus ce qu’il a été autrefois, les grandes figures ont changé ou disparu, et les nouveaux peinent à se montrer. Les artistes n’évoluent plus dans le même monde que celui des années 60.

Sur cet album, vous pouvez écouter Iggy chanter la Javanaise et Syracuse. Si, si c'est vrai.

Sur cet album, vous pouvez écouter Iggy chanter la Javanaise et Syracuse. Si, si c’est vrai.

Aujourd’hui, les vrais artistes galèrent dans un monde où le titre : Quand il pète il troue son slip est en top vente sur iTunes, dans un monde où un coréen sans talent fait plus de buzz que la tournée en France de Neil Young, où on compare sans pudeur les One Direction avec les Beatles, où Louis Bertigniac est juré pour The Voice, où on arrive à croire que les Daft Punk soient Charlie et Lulu, dans un monde où musique veut dire fric, dans un monde où l’Auto tune règne en maître sur les scènes, où les jeunes ne comprennent pas la valeur d’un album et téléchargent immodérément, dans un monde où les maisons de disques ont oublié le sens du mot « talent », où les chanteurs d’un tube sont des éditions limitées très vite oubliées, dans un monde où les producteurs ont choisi l’esthétique plutôt que la musique. Et pourtant, ils sont partout, les talents, les audacieux, les ambitieux, ceux qui rêvent de Kurt Cobain et des Sex Pistols, les guitaristes qui imitent Rory Gallagher, les batteurs qui s’imaginent en futur Keith Moon, les chanteurs et songwriters à la Nick Drake et à la Patti Smith, les ados plein d’étoiles dans les yeux devant les vinyles de leurs parents. Ils sont nombreux, ceux qui se reconnaissent quand on leur parle de rock. Il y aura toujours un mec, une gosse, qui tombera sur un CD des Clash, et qui se dira : « Hé ! pourquoi j’pourrais pas faire pareil ? ».

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Les légendes ne meurent pas et dans un monde où les vieilles choses se conservent bien, le rock est loin d’être enterré. Le rock, c’est un patrimoine, qui ne cesse d’être transmis. Peut être qu’on ne fera plus rien de nouveau dans le rock et que de nos jours, il n’y a pas de jeunes rockeurs qui savent encore vendre des millions comme le fait Lady Gaga ou Katy Perry, et ce, depuis Nirvana. Est-ce que pour autant il n’y a plus de talent post-punk, ni de futurs grands jazzmen, ni de virtuoses de la basse ou de la guitare ? Une tête bien pensante m’a dit une fois : « Il y a des génies à toutes les générations. Il faut juste les trouver. »

Alors si du rock il ne reste que des braises, et bientôt que des cendres, j’attendrais de le voir renaître. Si l’industrie du disque ne veut plus dénicher des véritables talents pour nous, on le fera nous-mêmes : dans les tremplins, dans les festivals, sur Internet. Mais pas chez les grands labels.

L’ENFANT VODOO